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25.01.2009

Dans l'HUMANITE

À Levallois, on criminalise bien l’opposition

Procès . Le 17 novembre, deux lycéens avaient été expulsés du conseil municipal. Poursuivis pour « résistance avec violence », ils sont jugés aujourd’hui.

Patrick Balkany connaît bien le tribunal de Nanterre. Il y a été condamné en 1999 pour prise illégale d’intérêt dans l’affaire de l’Office HLM des Hauts-de-Seine. Cette fois, c’est lui qui accuse. Baptiste et Vincent, tous deux âgés de dix-sept ans, passent en jugement aujourd’hui pour « résistance avec violence » et « résistance et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Il faut dire que les deux lycéens sont connus de la municipalité de Levallois-Perret. « On manifeste régulièrement devant la mairie pour le logement digne et on a régulièrement bloqué notre lycée, l’an dernier. La mairie nous connaît parce que c’est nous qui tenons le mégaphone », résume Baptiste. Ils ont ainsi aidé plusieurs familles, sous le coup d’une expulsion, à être relogées. S’ils se rendent au conseil municipal, le 17 novembre dernier, c’est que la mairie ignore ostensiblement depuis six mois leurs demandes de rendez-vous. Les militants du Mouvement solidaire pour le logement saisissent l’occasion d’une discussion sur les orientations budgétaires pour se rappeler à la mémoire de - Patrick Balkany.

« Comme des matchs de foot »

Mais l’information circule bien à Levallois, et une cinquantaine de policiers sont postés à l’entrée de la mairie pour procéder à des fouilles insistantes. « Balkany ne supporte pas de voir l’opposition assister aux conseils municipaux. Nous nous installons dans les tribunes en face de lui. Les élus de la majorité sont tendus, se regardent, se font des messes basses, et les supporters du maire huent ou applaudissent. Nous, on applaudit les interventions de l’opposition et on rigole parce qu’on trouve la scène assez cocasse. » Les conseils municipaux de Levallois sont en effet connus pour ressembler « à des matchs de foot ». Au bout d’une demi-heure, Patrick Balkany demande aux policiers de faire sortir les jeunes impétrants qui troublent la sérénité des débats. « Nous donnons deux conditions à l’évacuation : obtenir un rendez-vous avec le maire ou l’évacuation du public entier. » Dix-sept jeunes sont amenés au commissariat mais seuls Baptiste et Vincent sont placés en garde à vue. Pour 48 heures. Ils seront déférés devant le tribunal pour enfants de Nanterre, mais les actes d’accusation prennent soin de ne pas évoquer Patrick Balkany.

Large comité de soutien

« Il est extrêmement malin. Le dossier est détaché du contexte, qui est celui de la casse du militantisme à Levallois, où l’opposition n’a jamais droit de cité », analyse leur avocate, Dominique Noguères, de la Ligue des droits de l’homme. Vincent et Baptiste encourent un an de prison ferme et 30 000 euros d’amende. Un impressionnant collectif de soutien allant du NPA au Modem s’est constitué en conséquence. Ce qui ne doit pas être sans déplaire à M. Balkany qui, après avoir affirmé en 2006 qu’il n’y avait « pas de pauvres en France », essaie désormais d’effacer toute opposition de son champ de vision.

Lina Sankari

http://www.humanite.fr/

REGARDS

regards

Logement 
Délit de solidarité avec les mal-logés

Ce jeudi 22 janvier devant le Tribunal de Grande Instance de Nanterre, la solidarité est au rendez-vous. Dès 8h30, malgré un vent et une pluie glaciales, plus de 100 personnes ont répondu à l’appel d’une vingtaine d’organisations syndicales et politiques, toutes signataires du collectif de soutien à Baptise et Vincent, deux lycéens de 17 ans, cités à comparaître au tribunal pour enfants pour « résistance avec violence » pour l’un, « résistance et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique » pour l’autre. Ils risquent jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Membres du Mouvement Solidaire pour le Logement (MSL) créé il y a deux ans en faveur du logement social à Levallois-Perret, Baptise et Vincent faisaient partie d’un groupe d’une quinzaine de personnes venues assister au conseil municipal de Levallois-Perret du 17 novembre 2008. Elles souhaitaient interpeller le Maire, Patrick Balkany, sur les problèmes de logement dans cette commune. En réponse, Monsieur le Maire a ordonné l’évacuation des militants du MSL par les forces de l’ordre, qui s’est soldée par une vérification d’identité au commissariat de Levallois-Peret. Et un placement en garde à vue durant 49 heures pour Baptiste et Vincent. Depuis, une pétition de soutien dénonçant le caractère disproportionné de ces poursuites, a recueilli plus de 10000 signatures (1).

Pierre, camarade de Baptiste et Vincent au lycée Léonard de Vinci de Levallois, lance des slogans de solidarité que reprennent la cinquantaine de lycéens massés derrière une banderole. Il était de la partie ce 17 novembre : « étant donné que M. Balkany refusait de recevoir des membres de MSL pour exposer des problèmes de mal-logement, nous nous étions donc invités chez lui pour le rencontrer. » Selon le jeune lycéen, « 49 heures de garde à vue pour avoir assisté à un conseil municipal et avoir voulu s’exprimer, c’est cher payé ! » Quelques légères railleries du fond de la tribune ouverte au public de la salle du Conseil auraient servi de prétexte au Maire pour faire évacuer le groupe de militants. «  L’évacuation a été très violente, certains d’entre nous ont été blessé. Et surtout, aucun d’entre nous n’a porté de coups puisqu’on se tenait en chaîne », se souvient Pierre. Annie Mondois, conseillère municipale PCF de Levallois-Peret, également présente à cette séance, avait tout aussi été choquée par cette évacuation manu militari, « ressemblant à une mêlée de rugby ». Sous son parapluie, la seule élue communiste de Levallois-Peret analyse cette affaire, qui « symbolise » tristement le climat de cette «  drôle de ville  » : « les conseils municipaux sont animés par les partisans du Maire qui conspuent régulièrement les membres de l’opposition, et l’expulsion de personnes du public par les forces de l’ordre n’est pas une pratique nouvelle. « « Les intimidations contre ceux qui militent dans à Levallois ne manquent pas, poursuit-elle, et derrière tout ça, il y a clairement une volonté de casser les gens qui contestent la politique de la ville. » Pour autant, « il n’est pas question de se taire » s’exclame l’élue communiste. Ce que confirme Anaïs, lycéenne de 16 ans, qui « refuse de se laisser intimider et de s’arrêter de militer ! ».

 

Le rassemblement n’a pas dégrossi trois heures plus tard, au moment où les prévenus sortent de l’audience. La déclaration de leur avocate, Dominique Noguères, par ailleurs vice-présidente de la Ligue de Droits de l’Homme, calme les esprits et les inquiétudes. « Le dossier s’est à l’évidence dégonflé jusqu’au jugement puisque sur les cinq policiers qui prétendaient être victime de blessure, seul un s’est constitué partie civile », explique-t-elle. « On est bien loin de ce qui était présenté au départ, le procureur ayant requis une mesure éducative. » Ce qui n’excuse, ni n’explique les « 49 heures de garde à vue, et le traumatisme vécu par ces enfants et leurs familles », poursuit-elle. Le délibéré est renvoyé au 19 février prochain. En attendant, «Nous sommes fiers de notre lutte et nous continuerons à nous battre pour le droit au logement pour tous », a conclu Baptiste. Un combat que leur rendent bien les quelques manifestants mal-logés présent au rassemblement, comme Nouredine, habitante avec son mari et leurs trois enfants du foyer Sonacotra de Levallois-Peret, pour qui « l’union fait la force ! ».

 

S.L.

http://www.regards.fr/

POUR RECTIFICATION

Nous sommes sollicités par les journalistes. Nous, parents, l'avons été avant et après les audiences, et France Inter ainsi que France Bleue ou France Info ont bien relayé. Je n'ai jamais entendu les reportages audio en entier, mas je ne désepère pas d'en obtenir une copie auprès des journalistes que j'ai pu rencontrer. Un reportage sur les GAV sera diffusé au cours du mois de février dans l'émission Là-bas si j'y suis de Daniel Mermet.
 
Maître Noguères sera dans l'émission Du grain à moudre sur France Culture demain lundi à partir de 18h30.
 
Il convient lorsque nous sommes interviewés de toujours souligner que notre mobilisation est large. Je vous fais sourire lorsque je répète qu'il va "de la LCR au MoDem, en passant par des syndicats et des associations", mais c'est essentiel, tout simplement parce que c'est vrai.
Chantal ANGLADE
Il y a lieu de préciser aussi qu'à l'origine le collectif MSL ne comprenait pas  tous les partis ou associations qui se sont engagés dans le rassemblement citoyen autour des lycéens du MSL  et qu'on a pu voir sur le marché Henri Barbusse distribuer des tracts , informer la population et faire signer la pétition, et à Nanterre , jeudi dernier : du MOdem à la L.C.R
DZ

 
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